Gazon anglais : les inconvénients à connaître avant de se lancer avec ce type de gazon

Jean-Michel Perrin

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Jardin


Dans l’imaginaire collectif, le gazon anglais évoque un tapis vert uniforme, sans un brin qui dépasse, comme sur un green de golf ou devant une maison de banlieue chic. Cette image fait envie, surtout quand on rêve d’un jardin tiré au cordeau, facile à montrer fièrement aux invités. Mais dans un contexte de sécheresses répétées, de restrictions d’arrosage et de vie de famille bien remplie, ce modèle de pelouse ornementale se heurte à la réalité du quotidien. Derrière l’esthétique impeccablement lisse se cachent une entretien lourd, un coût qui grimpe vite, une faible résistance à la chaleur et au piétinement, sans parler de l’impact environnemental. Beaucoup de particuliers découvrent ces contraintes après coup, quand la pelouse commence à jaunir ou à se clairsemer, et que le calendrier se remplit de tontes, de scarifications, de traitements contre la disease et d’allers-retours au magasin de bricolage.

Un jardin bien pensé ne se résume pas à l’effet carte postale. Il doit coller à la manière dont le terrain est utilisé au quotidien, aux jeux des enfants, aux passages répétés, aux coins de détente en plein soleil, aux zones d’ombre humide sous les arbres. Le gazon anglais, lui, a été conçu pour des climats humides, des sols riches et des usages surtout décoratifs. Transposé tel quel dans beaucoup de jardins français, il se comporte comme une pelouse fragile, sensible à l’usure, qui réclame des moyens importants pour garder une allure correcte. Avant de se lancer, mieux vaut donc comprendre point par point ce que ce choix implique : fréquence de tonte fréquente, volumes d’eau nécessaires, risques d’invasion de mauvaises herbes si l’on relâche un peu la pression, mais aussi alternatives plus adaptées comme les gazons rustiques, les prairies fleuries ou les couvre-sols. Cet éclairage permet de décider en connaissance de cause si l’on veut vraiment un gazon anglais, ou si l’on préfère un jardin plus souple, plus robuste et plus vivant.

En bref

  • Entretien très exigeant : tonte fréquente (jusqu’à deux fois par semaine), scarification, aération, fertilisation et traitements réguliers.
  • Arrosage gourmand : 15 à 20 litres d’eau par m² et par semaine en été, avec un risque élevé de jaunissement en cas de restriction.
  • Coût élevé : matériel spécifique, engrais, semences, traitements contre la disease et facture d’eau importante sur la durée.
  • Résistance limitée : supporte mal le piétinement, la sécheresse, les canicules et certaines expositions solaires trop intenses.
  • Impact écologique : forte consommation d’eau, produits chimiques récurrents, appauvrissement de la biodiversité au profit d’une pelouse « stérile ».

Gazon anglais et entretien intensif : ce que cela représente vraiment dans une vraie vie

Le premier inconvénient du gazon anglais, c’est l’entretien. Sur le papier, une pelouse tondue ras deux fois par semaine paraît gérable. Dans la pratique, pour une famille qui jongle déjà avec les activités des enfants, le boulot et le reste, ce rythme vire vite au casse-tête. Les graminées fines utilisées pour obtenir cet aspect dense et régulier poussent vite et ne pardonnent pas les écarts. Laisser filer une semaine de croissance, c’est accepter une coupe irrégulière, des résidus importants et un stress pour les racines.

Concrètement, de mars à octobre, il faut prévoir une tonte fréquente, en moyenne deux passages hebdomadaires, soit une cinquantaine de tontes par an. Sur 200 m², cela représente souvent 2 heures par semaine si l’on compte la préparation, le ramassage, le nettoyage de la machine. Quand la météo s’en mêle, avec un week-end de pluie suivi d’un déplacement professionnel, le calendrier explose. C’est là que la pelouse commence à perdre son homogénéité, que des plaques plus hautes apparaissent, et que le moindre oubli ouvre la porte à l’invasion de mauvaises herbes.

À côté de la tondeuse, il faut ajouter tout le reste. Deux scarifications par an au printemps et à l’automne pour retirer la couche de feutre et la mousse, indispensables sur ce type de gazon très serré. Selon la surface, cela suppose la location d’un scarificateur une journée entière, avec le bruit, la production de déchets verts à gérer et la fatigue physique que cela représente. On peut déléguer la tâche à un jardinier, mais le coût grimpe alors rapidement.

L’aération du sol par carottage fait aussi partie du programme, surtout sur des terrains argileux ou compactés par les passages répétés. Cette opération améliore l’infiltration de l’arrosage et limite les zones asphyxiées où la disease s’installe facilement. Beaucoup de propriétaires repoussent cette étape par manque de temps ou de budget, ce qui se paie quelques mois plus tard par des zones dégarnies ou jaunies.

À ce socle de travail régulier se rajoutent les apports d’engrais, nécessairement précis si l’on veut éviter de brûler les brins très fins du gazon anglais. Dans une maison de lotissement typique, on voit souvent le même scénario : une première saison menée sérieusement, puis une deuxième où l’on « oublie » un passage d’engrais ou une scarification, et une troisième où la pelouse a déjà perdu sa fameuse uniformité.

L’exemple de Claire et Julien, couple installé en périphérie d’une grande ville, parle à beaucoup de monde. Enthousiastes au moment de la création du jardin, ils ont choisi un gazon anglais pour encadrer leur terrasse en bois. La première année, tout se passe bien. La deuxième, avec l’arrivée d’un bébé, les retard de tonte et les week-ends occupés se multiplient. Au bout de trois ans, la moitié de la surface est envahie par le trèfle et le pissenlit, les plaques de mousse couvrent les zones les plus ombragées, et la pelouse a définitivement perdu son aspect de carte postale.

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Si l’on accepte de consacrer plusieurs heures par semaine à ce tapis vert, l’histoire est différente. Pour un passionné de jardinage qui aime régler la hauteur de coupe au millimètre et passer le rouleau après chaque tonte, le gazon anglais reste un terrain de jeu intéressant. Mais pour la majorité des foyers, ce niveau d’entretien reste hors de portée, sauf à renoncer à d’autres loisirs. L’ultime question à se poser est simple : est-ce que cette pelouse mérite vraiment autant de place dans l’emploi du temps ?

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Arrosage, factures et climat : le coût caché du gazon anglais en eau et en argent

Une fois la question du temps abordée, vient celle de l’eau et du coût. Le gazon anglais repose sur des graminées à racines peu profondes, très sensibles au dessèchement de la couche superficielle du sol. En période chaude, ces racines restent aux abords immédiats de la surface. Dès que le sol chauffe ou que le vent se lève, la plante souffre. Pour compenser, il faut un arrosage régulier, souvent plus fréquent et plus abondant que pour un gazon rustique.

Sur une base réaliste, on compte entre 15 et 20 litres d’eau par m² et par semaine pendant l’été pour garder un aspect vert homogène. Pour un jardin de 200 m², cela représente entre 3 000 et 4 000 litres par semaine. Mis bout à bout sur trois mois de chaleur, on dépasse facilement les 40 000 litres. Dans un contexte où de nombreuses communes mettent en place des restrictions d’arrosage plusieurs semaines d’affilée, ce modèle devient fragile. La pelouse se tache de jaune, puis de brun, certaines zones meurent complètement, laissant la place à la terre nue, à la poussière et aux graines de plantes opportunistes.

Cette soif permanente a évidemment une traduction sur la facture. Les propriétaires qui découvrent le gazon anglais sans système d’arrosage automatique font souvent un bond en voyant leur relevé d’eau après le premier été. Ceux qui installent d’emblée un réseau enterré, avec programmateur, pompes et électrovannes, évitent la corvée du tuyau, mais alourdissent le poste « investissement initial » de plusieurs centaines voire milliers d’euros. Dans les deux cas, l’addition annuelle reste conséquente.

À l’eau s’ajoute le reste. Pour mieux visualiser, on peut résumer quelques principaux postes dans un tableau indicatif pour 200 m² de gazon anglais bien entretenu.

Poste Fréquence estimative Coût annuel moyen
Eau d’arrosage (été) 3 mois 150 à 250 €
Engrais spécifiques 4 apports/an 80 à 120 €
Sursemis de regarnissage 1 fois/an 60 à 100 €
Scarifications 2 fois/an 150 à 300 € (location ou prestation)
Traitements anti-disease et anti-mousse 2 à 4 fois/an 70 à 150 €

Ces montants restent des fourchettes, mais la tendance est claire. Un gazon anglais en bonne santé pèse lourd dans le budget jardin, surtout si l’on ajoute le prix d’achat et de maintenance du matériel (tondeuse hélicoïdale, affûtage, petit outillage). Sur dix ans, certains foyers dépensent plus pour leur pelouse que pour leur salon de jardin complet. Ce décalage surprend souvent quand on additionne les chiffres a posteriori.

Un autre point à ne pas négliger concerne le lien entre exposition solaire et besoin en eau. Deux pelouses de même surface, l’une au nord avec quelques heures de soleil doux, l’autre plein sud sans ombre, n’auront pas du tout la même consommation. La seconde demandera un arrosage plus important, sous peine de voir apparaître une croûte sèche, des fissures et de la poussière. Le gazon anglais placé dans ce type de situation devient très vite un poste de dépenses et de frustration. On peut déplacer un pot ou une jardinière, pas une pelouse entière.

Certains propriétaires misent sur des récupérateurs d’eau de pluie pour limiter la dépendance au réseau. C’est une bonne piste, mais qui a ses limites. Les périodes de sécheresse prolongée sont souvent précédées de semaines sans pluie suffisante pour remplir les cuves. Compter uniquement sur cette ressource gratuite pour subvenir aux besoins d’un gazon anglais revient souvent à idéaliser la météo. Mieux vaut considérer ces réserves comme un appoint, et non comme la solution miracle qui efface tous les inconvénients.

La question n’est pas de bannir absolument ce type de gazon, mais de savoir s’il est pertinent de lui consacrer autant d’eau et d’argent, alors que d’autres alternatives offrent un rendu visuel agréable avec des besoins bien moindres. Quand la facture annuelle commence à se rapprocher de celle du chauffage ou de l’électricité, beaucoup finissent par revoir leurs priorités.

Résistance, usure et exposition solaire : un gazon plus fragile qu’il n’y paraît

Sur les photos de magazines, le gazon anglais donne l’impression d’une moquette extérieure prête à accueillir les jeux d’enfants, les apéros sur plaid et les passages répétés vers le potager. Dans la réalité, sa résistance à l’usure reste limitée. Ce n’est pas une pelouse « sport et jeux », mais avant tout un gazon d’ornement. Plus on le traite comme un terrain de foot miniature, plus il se dégrade vite.

Les variétés utilisées, très fines, offrent un toucher agréable sous le pied, mais supportent mal le piétinement intensif ou concentré. Le simple fait de poser chaque semaine une piscine autoportante au même endroit, ou d’installer un trampoline, laisse des traces évidentes. Une fois la structure déplacée, on retrouve un disque de gazon jauni, aplati, parfois totalement mort, qu’il faudra regarnir. Ce phénomène se cumule avec les zones de circulation fréquentes, par exemple le chemin entre la terrasse et le barbecue ou l’accès au portail.

La résistance à la chaleur est un autre point sensible. En période de canicule, le gazon anglais réagit vite. Là où un mélange rustique garde encore un peu de vert en profondeur, lui vire au jaune paille en quelques jours sans un arrosage massif. Le rayonnement direct, couplé à une forte exposition solaire, accélère l’évaporation en surface et la montée en température des premiers centimètres de sol. Résultat, les racines se retrouvent littéralement « cuites ». Pour compenser, beaucoup de propriétaires augmentent la fréquence des arrosages, ce qui stabilise un peu la couleur mais fragilise la structure racinaire sur le long terme.

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Autre point souvent sous-estimé : la sensibilité mécanique aux petits incidents du quotidien. Une table déplacée trop brutalement, un chien qui creuse à un endroit précis, un tuyau d’arrosage traîné toujours dans le même axe, et des traces permanentes apparaissent. À la différence d’une prairie ou d’un gazon rustique, où la diversité végétale amortit les coups, la monoculture fine du gazon anglais montre chaque défaut comme un accroc sur une chemise blanche.

L’exposition solaire joue enfin un rôle dans la répartition des dégâts. En plein sud, le problème principal sera la chaleur, la sécheresse et la poussière. À l’ombre dense sous un arbre, ce sera plutôt la mousse, les zones dégarnies et la difficulté à faire lever les graines lors des regarnissages. Beaucoup de jardins cumulent les deux extrêmes : coin brûlant près de la façade claire exposée au sud, et bande humide au fond du terrain contre la haie. Le gazon anglais excelle rarement dans ce genre de patchwork climatique.

On voit souvent des propriétaires essayer de compenser cette fragilité avec toujours plus de produits : engrais renforcé, traitements anti-disease, fongicides préventifs, stimulateurs racinaires. Sur le court terme, certains de ces apports donnent un coup de fouet visible. Sur le long terme, ils masquent surtout un décalage entre le type de gazon choisi et les usages du jardin. Une famille qui organise régulièrement des matchs de foot improvisés ou qui laisse un chien courir librement gagnera à se tourner vers un gazon plus rustique, capable d’encaisser les mauvais traitements sans rendre l’âme au premier été un peu sec.

En résumé, le gazon anglais se comporte un peu comme un costume trois-pièces clair : très élégant dans un contexte précis, vite malmené dès que la vie quotidienne s’en mêle. Si le jardin est pensé comme un lieu de passage et de jeux autant que comme un décor, d’autres solutions seront plus cohérentes avec ce mode de vie.

Maladies, produits chimiques et poussière écologique : le revers discret du gazon anglais

Un gazon anglais en bonne santé semble uniforme, presque artificiel. Cette uniformité visuelle reflète aussi une uniformité biologique, et c’est là que les ennuis commencent. Une pelouse composée de très peu d’espèces, souvent deux ou trois graminées seulement, se comporte comme une monoculture agricole. Quand une disease spécifique touche l’une de ces variétés, elle dispose d’un terrain idéal pour se propager. La fusariose, le fil rouge, la rouille, le dollar spot ou d’autres maladies cryptogamiques trouvent dans ces tapis serrés et régulièrement arrosés tout ce qu’il leur faut pour se développer.

Les symptômes sont souvent spectaculaires. Taches circulaires jaunes ou brunes, filaments rougeâtres au bout des brins, poudre orangée sur la semelle des chaussures, zones qui semblent comme brûlées. Face à ces signaux, beaucoup de particuliers se retrouvent démunis et se tournent vers des traitements fongicides. Utilisés ponctuellement et avec discernement, ces produits peuvent sauver une surface déjà bien installée. Mais à force d’intervenir plusieurs fois par an, on finit par surcharger le sol en résidus chimiques.

Cette spirale se combine avec celle des engrais. Pour garder la couleur et la densité typique d’un gazon anglais, les apports d’azote sont fréquents. Une fertilisation mal dosée, ou appliquée juste avant un épisode de chaleur, brûle les brins et fragilise encore plus la pelouse. Au lieu de renforcer la résistance, on obtient l’effet inverse. L’excès d’azote favorise aussi certaines disease, qui apprécient les tissus végétaux tendres et gorgés de sève. C’est un peu comme si l’on nourrissait un patient déjà malade avec un régime qui accélère sa fièvre.

Sur le plan écologique, ces pratiques posent question. Les fongicides et les herbicides sélectifs utilisés pour éliminer trèfle, pissenlits ou autres plantes jugées indésirables ne s’arrêtent pas aux bordures de la pelouse. Une partie des molécules migre vers les nappes ou s’accumule dans les sols. Dans un quartier pavillonnaire où plusieurs jardins suivent le même modèle, l’effet se cumule. Les insectes auxiliaires, qui régulent naturellement certains ravageurs, disparaissent. Les vers de terre, essentiels pour aérer le sol, voient leur population baisser. À force de viser le « vert uniforme », on transforme le jardin en espace presque inerte.

Autre conséquence fréquente : l’invasion de mauvaises herbes dès que l’on desserre la vis. Après quelques années de gestion intensive, si un propriétaire décide de réduire les apports chimiques, la pelouse se trouve en déséquilibre. Les zones affaiblies deviennent des portes d’entrée pour les plantes les plus opportunistes, souvent celles qui résistent le mieux aux sols malmenés. Elles profitent du moindre défaut de couverture pour s’installer. On se retrouve alors face à un paradoxe : plus on a cherché à bannir toute diversité végétale, plus le moindre relâchement attire une flore spontanée difficile à contrôler.

La gestion des déchets n’est pas neutre non plus. Une tonte fréquente produit des volumes de résidus importants, surtout si l’on ramasse systématiquement pour garder un aspect propre. Ces déchets, transportés en déchetterie ou stockés dans un compost mal équilibré, finissent par représenter plusieurs bennes par an pour certains jardins de taille moyenne. Par temps sec, les zones dégradées se transforment en plaques nues d’où s’élève une fine poussière à chaque passage, ce qui n’est agréable ni pour les voisins, ni pour les enfants asthmatiques.

On peut bien sûr décider de limiter les traitements et d’accepter quelques pâquerettes, un peu de trèfle et des herbes plus hautes par endroits. Mais à ce moment-là, on quitte le modèle du gazon anglais tel qu’on le voit sur les photos pour s’approcher d’une pelouse semi-naturelle, plus proche d’un gazon rustique. Ce glissement peut être une bonne chose, à condition de l’assumer et d’adapter ses attentes à ce nouveau type de jardin.

Le point clé à retenir reste simple : un gazon anglais parfaitement uniforme n’existe pas sans intervention régulière. Cette intervention se paye en produits, en temps et en impact environnemental. Pour ceux qui cherchent un jardin vivant, accueillant pour les insectes et peu gourmand en chimie, ce modèle pose donc un vrai problème de cohérence.

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Quelles alternatives au gazon anglais pour un jardin plus simple et plus durable

Face à tous ces inconvénients, beaucoup de propriétaires se demandent quelle direction prendre pour garder un espace vert agréable sans retomber dans la même logique. La bonne nouvelle, c’est qu’il existe plusieurs solutions plus souples que le gazon anglais, capables de supporter une vie de famille active tout en réduisant nettement l’entretien, l’arrosage et le coût. L’important est de raisonner zone par zone, en fonction de l’exposition solaire, de l’usage et du type de sol.

Pour les grandes surfaces destinées au jeu, les mélanges de gazons rustiques restent une valeur sûre. Ils combinent plusieurs graminées sélectionnées pour leur résistance au piétinement et à la sécheresse. La tonte fréquente n’est plus nécessaire : un passage par semaine suffit dans la plupart des cas, voire moins en fin de saison. Ces mélanges tolèrent beaucoup mieux un arrosage espacé. En cas de restriction, ils jaunissent parfois un peu, mais repartent généralement bien dès que la pluie revient.

Sur les zones peu fréquentées, comme le fond du jardin, le long d’une haie ou autour d’un verger, les prairies fleuries méritent une vraie réflexion. Elles demandent surtout du travail la première année pour s’installer, puis se contentent souvent de une à deux fauches annuelles. Le contraste avec un gazon anglais est frappant. Au lieu d’une surface rase, on obtient un paysage changeant, qui attire abeilles, papillons et autres insectes utiles. La lutte contre l’invasion de mauvaises herbes ne disparaît pas complètement, mais change de nature : on cherche plutôt à limiter quelques espèces vraiment envahissantes qu’à traquer la moindre pâquerette.

Les couvre-sols constituent un autre levier intéressant, notamment sur les talus ou sous les arbres, là où le gazon anglais souffre le plus. Trèfle nain, thym serpolet, verveine nodiflore ou certaines sagines forment à terme de véritables tapis végétaux, souvent evergreen ou seulement partiellement dormants en hiver. Leur besoin en arrosage reste modéré une fois la plantation bien enracinée, et l’entretien se limite souvent à quelques tailles légères ou à un contrôle annuel de l’usure et des trous éventuels.

Pour y voir plus clair, on peut résumer quelques différences entre gazon anglais et alternatives dans une liste simple :

  • Gazon anglais : esthétique très uniforme, entretien intense, tonte fréquente, forte dépendance à l’arrosage, faible résistance au piétinement, biodiversité limitée.
  • Gazon rustique : aspect un peu moins lisse, mais supporte mieux l’usure, tolère des arrosages plus espacés, moins de risques de disease, meilleure adaptation aux variations d’exposition solaire.
  • Prairie fleurie : idéal pour les zones peu fréquentées, très favorable aux insectes, peu de fauches, très peu d’arrosage une fois installée.
  • Couvre-sols : parfaits pour les endroits compliqués (ombre, pente), entretien réduit, bon contrôle de la poussière et des sols nus.

Une stratégie pragmatique consiste à ne pas tout transformer d’un coup. Beaucoup de jardins ont intérêt à évoluer progressivement. On peut commencer par laisser un coin de gazon anglais se transformer en bande rustique, ou introduire des trèfles nains dans la pelouse par sursemis. Cette méthode, moins brutale, permet de tester ce que l’on accepte visuellement et en termes de gestion. Au passage, elle réduit souvent le besoin en produits chimiques, ce qui limite aussi la pression des disease.

Une autre piste, pour ceux qui tiennent vraiment à garder une petite zone de gazon anglais « de démonstration », consiste à réduire fortement la surface concernée. Au lieu de couvrir tout le jardin, on réserve ce type de pelouse à un rectangle bien exposé, près de la maison, que l’on peut bichonner sans y laisser tous ses week-ends. Le reste du terrain est alors géré de manière plus souple, avec des options plus tolérantes à la vie réelle. Ce compromis a déjà convaincu plus d’un propriétaire lassé de voir tout son extérieur tourner autour d’un seul type de brin d’herbe.

Au final, le choix du revêtement végétal n’a rien d’anodin. Il conditionne l’ambiance du jardin, le temps passé à l’entretien, la qualité de l’air (moins de poussière et de gaz d’échappement de tondeuse), la présence ou non d’insectes, et même le budget sur plusieurs années. Le gazon anglais garde une place possible, mais uniquement là où l’on accepte consciemment ses contraintes. Pour tous les autres cas, mélanger les solutions reste souvent la meilleure approche.

Le gazon anglais convient-il à un jardin familial très fréquenté ?

Dans un jardin où les enfants jouent souvent au ballon, où les animaux courent et où l’on déplace régulièrement du mobilier, le gazon anglais montre vite ses limites. Sa résistance au piétinement reste faible et les zones les plus sollicitées se dégradent rapidement. Pour ce type d’usage, un gazon rustique ou un mélange « sport et jeux » sera beaucoup plus adapté, avec une meilleure tenue face à l’usure et un entretien moins prenant.

Peut-on conserver un gazon anglais sans arrosage automatique ?

C’est possible sur de très petites surfaces et dans des régions humides, mais difficile dès que la surface augmente ou que les étés deviennent secs. Sans arrosage automatique, on dépend de nombreux passages manuels avec le tuyau, au bon moment de la journée, ce qui finit par être contraignant. Beaucoup de propriétaires finissent par espacer les arrosages, et la pelouse perd alors sa couleur et sa densité caractéristiques.

Comment limiter les maladies sur un gazon anglais sans multiplier les traitements chimiques ?

La première étape consiste à soigner le sol et la gestion de l’eau : aération régulière, apports de matière organique équilibrée, arrosage moins fréquent mais plus profond, et tonte ni trop courte ni trop haute. Un sol vivant et bien structuré renforce naturellement la résistance du gazon. Ensuite, diversifier légèrement les espèces grâce au sursemis de variétés plus robustes peut réduire la pression des disease. Enfin, accepter une pelouse un peu moins parfaite visuellement permet souvent de fortement diminuer les traitements.

Quelle alternative choisir si l’on veut moins d’entretien mais garder un aspect assez net ?

Pour un compromis entre esthétique et simplicité, un mélange de gazon rustique est souvent la meilleure option. Il supporte une tonte hebdomadaire au lieu de bi-hebdomadaire, demande moins d’arrosage et résiste mieux à la chaleur comme au piétinement. Visuellement, la différence avec un gazon anglais reste discrète pour un œil non spécialiste, surtout si la pelouse est bien implantée et que les bordures sont entretenues.

Est-il possible de transformer progressivement un gazon anglais existant en pelouse plus rustique ?

Oui, la transition peut se faire en douceur. L’une des méthodes les plus simples consiste à pratiquer un sursemis avec des variétés de gazon rustique ou des trèfles nains sur une partie du jardin, après une légère scarification. Saison après saison, ces espèces plus résistantes prennent progressivement le dessus, réduisant la dépendance à l’arrosage et aux engrais. En procédant par zones et sur plusieurs années, on évite le chantier lourd de tout refaire d’un coup.

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Jean-Michel Perrin est cuisinier de formation, passionné de barbecue, de bricolage et de potager, qu’il met au service de contenus simples et concrets sur Cook and Lounge. Depuis sa maison en pierre rénovée en famille, il partage des idées réalistes pour mieux cuisiner, aménager son intérieur et profiter de son jardin au quotidien.

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