Placer une Fougère de Boston chez soi, c’est apporter d’un coup un côté forêt tropicale au salon ou à la salle de bain. Cette plante d’intérieur adore l’humidité, déteste le soleil direct et réclame un substrat humide mais jamais détrempé. En pratique, beaucoup de fougères finissent avec les pointes brunes ou les frondes qui s’effilochent, simplement parce que l’air est trop sec ou l’arrosage mal calibré. Entre les radiateurs, la climatisation et les fenêtres plein sud, les conditions idéales de cette plante ne vont pas de soi. L’enjeu consiste donc à transformer un intérieur classique en coin de sous-bois bien tempéré, sans se ruiner en matériel et sans passer ses soirées à brumiser.
Une bonne nouvelle se cache derrière cette réputation de diva tropicale : une fois que l’humidité et la lumière sont bien gérées, l’entretien fougère devient étonnamment simple. Les frondes se densifient, la plante pardonne quelques oublis d’arrosage et se remet assez vite des petites erreurs. Entre deux douches tièdes dans la baignoire, un plateau de billes d’argile et quelques gestes de rempotage réfléchis, il est possible de garder une fougère spectaculaire pendant des années. L’objectif de ce guide est clair : permettre de comprendre concrètement ce dont elle a besoin, comment lire les signaux de stress et quelles routines adopter pour qu’elle reste verte, souple et bien fournie, que ce soit dans une petite salle de bain de ville ou dans un grand séjour lumineux.
En bref
- Humidité ambiante recherchée autour de 50 à 60 %, avec un air jamais trop sec près des radiateurs ou de la clim.
- Lumière indirecte indispensable : coin lumineux, mais sans soleil direct sur les frondes, surtout derrière une vitre.
- Arrosage régulier avec eau à température ambiante, dès que la surface du sol commence à sécher sur 2 cm.
- Substrat humide et drainant : terreau souple, légèrement acide, enrichi en perlite ou billes d’argile.
- Rempotage tous les 2 à 3 ans dans un pot plutôt large, avec contrôle des racines et taille des frondes sèches.
- Soins plantes au quotidien : brumisation légère, plateau de graviers humides, nettoyage régulier et surveillance des pointes brunes.
Fougère de Boston et humidité idéale : recréer un climat de sous-bois chez soi
La Fougère de Boston vient de régions où l’air est chaud, stable et surtout saturé d’humidité. Dans une forêt tropicale, les frondes reçoivent une fine brume naturelle, le sol reste frais, et le vent puissant est rare. Transposée dans un appartement chauffé l’hiver et ventilé l’été, cette plante d’intérieur doit composer avec des atmosphères beaucoup plus sèches. D’où les pointes qui grillent dès que le radiateur tourne un peu trop fort.
Sur le plan pratique, la plupart des spécialistes s’accordent sur un point : un taux d’humidité autour de 50 à 60 % représente les conditions idéales pour cette fougère. Au-dessous de 40 %, les frondes commencent à se marquer, la croissance se ralentit et la plante se met en économie d’énergie. Au-dessus de 70 %, surtout si la pièce est mal ventilée, les risques de maladies fongiques augmentent, surtout en cas de substrat humide en permanence. La clé, ce n’est donc pas la surenchère, mais l’équilibre.
Dans l’appartement de Clara par exemple, un petit deux-pièces au dernier étage, la fougère trônait au-dessus d’un radiateur, « pour qu’elle ait de la lumière ». Résultat : un air qui descendait parfois à 30 % d’humidité, soirs d’hiver compris. La plante survivait, mais les frondes brunissaient, tombaient, et l’ensemble gardait un aspect maigrelet. Il a suffi de la déplacer à l’autre extrémité de la pièce, de poser le pot sur un plateau de graviers humides et de baisser un peu le chauffage à proximité pour que la touffe double de volume en une saison.
Pour mesurer ce fameux taux d’humidité, un hygromètre de base posé près de la plante donne une idée précise de la situation. Beaucoup découvrent alors que le salon ne dépasse pas 35 % en plein hiver. Plutôt que de compter uniquement sur la brumisation, qui ne modifie l’air que très temporairement, il devient intéressant de combiner plusieurs leviers : emplacement, plateau d’eau, regroupement de plantes, voire petit humidificateur réglé au minimum.
Cette relation à l’humidité s’explique aussi par la structure même de la fougère. Les frondes très découpées offrent une grande surface de transpiration, donc une grande perte d’eau possible. Dans son milieu d’origine, cette eau est immédiatement compensée par l’air saturé en vapeur. En intérieur, si l’atmosphère est sèche, la plante pompe davantage dans le sol pour compenser, ce qui pousse souvent les débutants à arroser plus qu’il ne faudrait. Résultat paradoxal : racines qui baignent, frondes qui sèchent. D’où l’intérêt de bien distinguer humidité de l’air et humidité du sol.
Autre point souvent sous-estimé : la température. La Fougère de Boston se sent à l’aise entre 18 et 24 °C. Elle supporte ponctuellement un peu plus, si l’humidité suit, mais en dessous de 10 à 12 °C, la situation se complique. Poser le pot près d’une porte d’entrée ou d’une fenêtre mal isolée en hiver peut provoquer des à-coups thermiques. Le contraste entre air froid et radiateur voisin aggrave encore la dessiccation des frondes. Un coin de pièce à température plus stable, même un peu moins lumineux, vaut souvent mieux qu’un rebord de fenêtre exposé aux courants d’air.
Dernier paramètre fondamental, la lumière. Pour cette plante, la lumière indirecte n’est pas un luxe, c’est une condition de base. Une fenêtre orientée nord ou est fonctionne très bien : la plante bénéficie d’une clarté constante sans risquer de brûler. Derrière une baie vitrée plein sud, même avec un fort taux d’humidité, les rayons directs en milieu de journée peuvent cuire les frondes en quelques heures. D’où cette règle simple à retenir : plus la lumière est forte, plus il faut filtrer et compenser par l’humidité.
Une Fougère de Boston bien installée, dans un air stable, légèrement humide, avec une lumière douce et diffuse, montre très vite sa satisfaction : frondes tendres d’un vert franc, nouvelles crosses qui se déroulent en continu, absence de taches marron. C’est ce tableau qu’il faut garder en tête en ajustant peu à peu les conditions autour d’elle.

Arrosage et brumisation de la Fougère de Boston : trouver le juste milieu pour un substrat humide
Le duo arrosage et brumisation concentre une bonne partie des réussites et des échecs avec cette plante. Beaucoup arrosent trop souvent en pensant compenser un air sec, alors que les racines réclament surtout un substrat humide mais aéré. D’autres, au contraire, la laissent presque au régime cactus, persuadés qu’une fougère se débrouille avec trois pulvérisations par semaine. Dans les deux cas, les frondes finissent fatiguées.
Une règle simple permet de cadrer les choses : viser un sol toujours légèrement frais, jamais détrempé, jamais complètement sec en profondeur. Concrètement, glisser un doigt dans le terreau jusqu’à 2 cm donne une indication fiable. Si cette couche est sèche, un arrosage s’impose. Si elle est encore fraîche, mieux vaut patienter. Cette vérification prend dix secondes et évite des dégâts bien plus longs à réparer.
En période de croissance active, printemps et été, la plupart des intérieurs imposent un rythme de une à deux irrigations hebdomadaires. Dans un logement très sec, très chauffé ou très lumineux, deux arrosages peuvent s’avérer utiles. En automne et en hiver, avec une lumière plus faible et une évaporation plus lente, un seul apport bien mesuré suffit souvent. Là encore, le test au doigt prime sur le calendrier figé.
Concernant la qualité de l’eau, la Fougère de Boston apprécie une eau douce, légèrement acide. L’eau de pluie reste une valeur sûre, quand elle est disponible. Mais la plupart des appartements n’en profitent pas. Une eau du robinet reposée quelques heures, à température ambiante, fonctionne généralement bien, sauf cas d’eau très calcaire. L’essentiel consiste à éviter le choc thermique : verser une eau froide en plein hiver sur un système racinaire déjà sensible au froid revient à imposer une douche glacée à la plante.
Pour la technique, un arrosoir à pomme fine permet de répartir l’eau sur toute la surface du pot, sans creuser de trous ni déloger les racines en surface. Verser lentement jusqu’à ce que l’eau commence à s’écouler par les trous de drainage, puis vider la soucoupe au bout de 10 minutes, garantit que les racines reçoivent ce qu’il faut sans baigner dans un fond de liquide. Certains préfèrent le bain de pot ponctuel : plonger le contenant dans une bassine d’eau jusqu’à mi-hauteur, laisser imbiber, puis laisser égoutter. Bien mené, ce procédé hydrate complètement la motte, utile après un oubli d’arrosage.
La brumisation, elle, s’adresse surtout aux frondes. Un vaporisateur à gouttelettes très fines, rempli d’eau déminéralisée ou de pluie, limite les traces de calcaire sur le feuillage. Deux à trois brumisations par semaine, le matin, aident à compenser les périodes de chauffage ou de chaleur sèche. Le matin est stratégique : les gouttes ont le temps de s’évaporer dans la journée, ce qui réduit les risques de taches ou de champignons qui profiteraient d’un feuillage trempé toute la nuit.
Pour Alex, qui vit dans un duplex avec grandes baies vitrées, la brumisation a changé le comportement de sa Fougère de Boston. Placée près d’une porte-fenêtre orientée est, la plante recevait une belle lumière indirecte, mais l’air restait sec à cause du plancher chauffant. En ajoutant trois brumisations hebdomadaires, combinées à un plateau de billes d’argile humides, les frondes ont gagné en souplesse et les pointes brunes ont nettement reculé.
Attention toutefois à ne pas transformer la brumisation en pluie tropicale permanente. Si les frondes restent en permanence trempées, l’eau stagne entre les pinnules (les petites « feuilles » de la fougère), ce qui favorise des taches, surtout dans les pièces mal ventilées. La bonne approche consiste à produire un voile fin qui disparaît en quelques minutes, pas des flaques sur les feuilles.
Pour clarifier les gestes au quotidien, ce tableau récapitule les principaux repères liés à l’eau :
| Geste | Fréquence conseillée | Point de vigilance |
|---|---|---|
| Arrosage classique par le dessus | 1 à 2 fois par semaine selon saison et chaleur | Vider la soucoupe, vérifier la sécheresse sur 2 cm |
| Bain de pot | Tous les 10 à 15 jours en cas d’oubli ou de chaleur forte | Laisser égoutter complètement avant de remettre en cache-pot |
| Brumisation fine | 2 à 3 fois par semaine le matin | Éviter les excès, surtout en pièce froide ou mal aérée |
| Plateau de graviers humides | Réapprovisionner l’eau dès que le niveau baisse | Le fond du pot ne doit jamais tremper dans l’eau |
Une Fougère de Boston correctement arrosée et légèrement brumisée garde des frondes toniques, d’un vert uniforme, sans zone molle ni sécheresse avancée. Une fois ce réglage trouvé, l’entretien fougère se résume surtout à vérifier que la routine tient le coup quand les saisons et le chauffage changent.
Choisir l’emplacement parfait : lumière indirecte, pièces humides et microclimat
Une Fougère de Boston mal placée cumule les contrariétés : soleil direct, air sec, courants d’air froid. À l’inverse, un bon emplacement simplifie instantanément les soins plantes. Le premier critère reste la lumière indirecte. Contrairement à ce que l’on imagine, les fougères ne vivent pas dans une obscurité totale sous les arbres. Elles profitent d’une clarté diffuse, filtrée par le feuillage des grands végétaux.
Dans un logement standard, une fenêtre orientée nord ou est offre un compromis intéressant. Devant une ouverture au nord, la fougère reçoit une lumière constante, plutôt douce, toute la journée. À l’est, elle profite du soleil du matin, moins agressif, à condition de ne pas coller le pot contre la vitre. À l’ouest, la lumière de fin d’après-midi reste acceptable, mais un voilage ou un léger recul du pot permet de protéger les frondes aux beaux jours. Face au sud, il vaut mieux reculer la plante de 2 à 3 mètres et, si possible, filtrer avec un rideau léger.
La salle de bain, quand elle est suffisamment lumineuse, reste souvent la pièce reine. Entre les douches, les bains et les serviettes qui sèchent, l’humidité naturelle grimpe facilement. C’est pour cette raison que tant de photos d’inspiration déco montrent une Fougère de Boston suspendue près d’une baignoire. Installée sur un tabouret, une étagère ou en suspension, la plante profite d’un climat presque sur mesure, à condition bien sûr que la fenêtre ou le puits de lumière lui offre une clarté suffisante.
Dans le salon, l’idée de microclimat peut aider. Regrouper plusieurs plantes d’intérieur tropicales dans un même coin crée un effet de « bulle verte ». Chaque plante transpire un peu d’eau par ses feuilles, ce qui augmente localement l’humidité. Associer la Fougère de Boston à un spathiphyllum, un calathea ou un philodendron, par exemple, améliore l’ambiance autour de l’ensemble. Ce n’est pas magique, mais combiné à un plateau d’eau, ce regroupement apporte une vraie différence.
Les courants d’air, eux, restent à éviter autant que possible. Une plante placée juste dans l’axe d’une fenêtre qu’on ouvre souvent, ou devant une porte d’entrée, encaisse des variations rapides de température et d’hygrométrie. Les frondes se dessèchent plus vite, les extrémités brunissent. Il vaut mieux reculer la fougère d’un mètre, quitte à perdre un peu de lumière, mais gagner en stabilité. Au fil des années, cette stabilité compte plus qu’un surplus de clarté ponctuelle.
Une autre question revient souvent : la hauteur. Avec son port retombant, cette fougère fait merveille en hauteur, sur un haut de bibliothèque ou en suspension. Ce choix valorise le feuillage, mais impose de surveiller un point pratique : l’accès à l’arrosage. Plus la plante est perchée, plus la tentation est grande de « vite fait » verser un peu d’eau sans vérifier la motte. Là, les oublis se paient rapidement. Installer la fougère à hauteur de regard, sur un trépied ou une console, offre parfois un meilleur compromis entre esthétique et suivi.
Pour qui partage son logement avec des enfants ou des animaux, la Fougère de Boston a un avantage solide : elle fait partie des espèces non toxiques. Chat, chien, lapin ou bambin peuvent s’approcher sans risque d’empoisonnement. En revanche, ses longues frondes incitent à tirer, mâchouiller ou jouer. Si la plante est posée au sol, les risques de chutes ou de frondes arrachées augmentent nettement. Une hauteur moyenne, inaccessible aux pattes et mains trop curieuses, reste la meilleure stratégie.
En résumé, un bon emplacement pour cette fougère coche plusieurs cases : clarté sans soleil direct, air sans courants froids, humidité raisonnable, accès simple pour l’arrosage. Une fois ce coin trouvé, la plante devient vite une pièce maîtresse dans la pièce, autant décorative que fonctionnelle pour l’ambiance.
Rempotage, choix du substrat et entretien structurel de la Fougère de Boston
Un autre levier souvent sous-estimé pour garder une Fougère de Boston dense et vigoureuse concerne le choix du pot et du terreau. Le rempotage ne sert pas seulement à donner plus de place aux racines, il permet aussi de renouveler un sol épuisé, de corriger un mauvais drainage et d’ajuster la rétention d’eau au rythme d’arrosage. Pour une plante qui aime le substrat humide sans noyade, ce détail fait une différence énorme.
Cette fougère n’est pas pressée de changer de maison. Elle apprécie même d’être un peu serrée dans son pot. En général, un rempotage tous les 2 à 3 ans suffit pour un sujet installé, un peu plus souvent pour les jeunes qui poussent vite. Le bon moment se repère à quelques signes : racines qui sortent des trous de drainage, motte très compacte qui se dessèche à vue d’œil, ou encore production de stolons, ces fines tiges vert clair qui cherchent de nouveaux espaces.
Côté contenant, un diamètre 4 à 5 cm plus large que le pot actuel représente une progression raisonnable. Un saut trop important conduit souvent à un excès de terreau humide autour d’un système racinaire encore limité, avec un risque de pourriture. Le pot doit impérativement être percé. Un cache-pot décoratif sans trou peut être conservé, mais le pot principal doit permettre à l’eau de s’échapper.
Le matériau mérite lui aussi réflexion. Les contenants en plastique ou en céramique vernissée retiennent davantage l’humidité. Dans un appartement sec ou pour quelqu’un qui oublie facilement un arrosage, ce côté « réserve » peut aider. À l’inverse, les pots en terre cuite, poreux, laissent l’eau s’évaporer plus vite par les parois. Ils conviennent bien aux personnes qui ont la main un peu lourde sur l’arrosoir, car ils limitent les excès en asséchant plus vite le mélange.
Le mélange idéal, lui, combine légèreté, rétention et drainage. Un terreau pour plantes vertes de qualité, enrichi de 10 à 15 % de perlite ou de petites billes d’argile, assure une bonne circulation de l’eau et de l’air. Certains ajoutent un peu de fibre de coco ou de tourbe pour maintenir une légère acidité, appréciée par cette plante. Le but reste le même : que l’eau circule, hydrate, puis s’évacue, sans former de poches stagnantes.
Le jour du rempotage, la fougère mérite un minimum de délicatesse. Sortir la motte, gratter légèrement la vieille terre en périphérie, démêler quelques racines sans les casser, puis installer la plante dans son nouveau mélange en prenant soin de ne pas enterrer le collet (la base des frondes). Un arrosage copieux termine l’opération. Pendant quelques semaines, la plante peut marquer une pause dans sa croissance, le temps de reprendre ses marques.
Le rempotage offre aussi une occasion idéale de faire un peu de tri. Les frondes sèches, les crosses avortées, les parties abîmées peuvent être supprimées à ce moment-là. Ce nettoyage concentre l’énergie de la plante sur les nouvelles pousses. Un passage sous la douche, eau tiède à 20-22 °C, permet en plus de débarrasser les frondes de la poussière qui s’accumule forcément dans un intérieur.
Ce moment peut servir à multiplier la Fougère de Boston. En observant la motte, on distingue souvent plusieurs rosettes qui se sont formées avec le temps. En séparant délicatement une ou deux touffes périphériques, il est possible de créer de nouveaux pots. Les stolons, ces tiges fines qui partent du pied, peuvent aussi être guidés vers un petit pot rempli de terreau humide. Quand les frondes du bout sont bien formées, un coup de ciseau sépare la « fille » de la plante mère.
Pour quelqu’un qui débute, cette étape de rempotage peut impressionner. Pourtant, bien menée, elle renforce la plante. Une Fougère de Boston rafraîchie, dans un terreau aéré, se remet à émettre des frondes plus longues et plus fournies. Elle profite mieux de chaque arrosage et supporte mieux les petites variations d’humidité de l’air au fil de l’année.
Reconnaître les signes de stress liés à l’humidité et ajuster les soins plantes
Malgré toutes les précautions, une Fougère de Boston finit toujours par envoyer quelques signaux d’alerte. C’est d’ailleurs l’un de ses atouts : elle parle assez tôt. Savoir lire ces indices permet de corriger la trajectoire avant que la plante ne dépérisse. La plupart des soucis tournent autour d’un trio bien connu : air trop sec, arrosage mal dosé, lumière mal gérée.
Premier symptôme classique, les pointes brunes. Quand les extrémités des frondes sèchent, deviennent cassantes, parfois seulement sur une face, l’humidité de l’air est souvent en cause. Radiateur trop proche, courant d’air chaud, climatiseur qui souffle dans la pièce… La plante perd plus d’eau par ses feuilles que ses racines ne peuvent en fournir. La réaction à avoir reste simple : éloigner la fougère des sources de chaleur directe, installer un plateau de graviers humides, augmenter légèrement la brumisation.
Deuxième signe, le jaunissement puis la chute des frondes entières. Quand la plante se débarrasse d’une fronde ici ou là, surtout vieillissante, rien d’inquiétant. Mais quand plusieurs feuilles entières deviennent molles, jaunissent puis se détachent, il y a souvent un problème au niveau du sol. Soit le terreau reste trempé trop longtemps, soit il sèche complètement entre deux apports. Dans les deux cas, les racines peinent à faire leur travail.
Dans ce cas précis, un diagnostic rapide du substrat s’impose. Enfoncer un doigt en profondeur, voire démouler doucement le pot pour observer les racines, donne des informations claires. Racines brunes, molles, parfois malodorantes, indiquent un excès d’eau. Racines sèches, fragiles, avec une terre qui se rétracte du bord du pot, signalent au contraire une longue période de sécheresse. La correction sera différente selon le cas : réduire la fréquence d’arrosage et aérer le mélange, ou au contraire réhydrater progressivement la motte.
Un troisième indicateur, plus insidieux, concerne la croissance ralentie. Une fougère qui n’émet presque plus de nouvelles frondes pendant la saison où elle devrait pourtant s’activer exprime un inconfort de fond. Le responsable peut être un manque de lumière, un substrat épuisé, un pot devenu trop étroit ou une atmosphère constamment sèche. Dans ce scénario, aligner les paramètres de base un par un (lumière, rempotage, humidité ambiante) permet souvent de relancer la machine.
Pour faciliter ce décryptage, voici quelques correspondances utiles à garder en tête :
- Feuilles brunes et croustillantes aux extrémités : air trop sec, souvent accentué par une source de chaleur ou une ventilation directe.
- Frondes molles qui jaunissent à la base : excès d’eau, absence de drainage, substrat asphyxié.
- Terreau qui se décolle des parois du pot : manque d’arrosage répété, terre hydrophobe qui n’absorbe plus l’eau correctement.
- Apparition de petites taches brunes irrégulières : gouttes d’eau stagnantes sur le feuillage, brumisation trop lourde sans ventilation.
- Poussière visible sur les frondes : entretien insuffisant, photosynthèse ralentie, humidité mal répartie sur le feuillage.
Face à ces signes, la pire réaction consiste à tout changer d’un coup. Mieux vaut agir sur un paramètre, observer quelques semaines, puis ajuster à nouveau si nécessaire. Remonter brutalement la fréquence d’arrosage, déplacer la plante en plein soleil et lancer la brumisation tous les jours en même temps crée souvent de nouveaux problèmes. Le maître mot reste la progressivité.
Un dernier point mérite l’attention : les parasites. Une Fougère de Boston maintenue dans de bonnes conditions idéales d’humidité et de lumière tombe rarement malade. Mais un air très sec favorise parfois l’arrivée d’acariens ou de thrips, surtout si d’autres plantes infestées cohabitent dans le même coin. Là encore, la surveillance régulière des frondes, dessus et dessous, limite les mauvaises surprises. Au moindre doute, une douche tiède appuyée, suivie d’un traitement adapté, règle souvent les débuts d’invasion.
En gardant cet œil attentif, sans se transformer en gardien anxieux, la relation à cette plante d’intérieur devient beaucoup plus simple. La fougère sert de petit baromètre vivant : quand elle va bien, l’air de la pièce est souvent agréable pour les humains aussi.
Quel taux d’humidité viser pour une Fougère de Boston en intérieur ?
Un taux d’humidité autour de 50 à 60 % convient bien à la Fougère de Boston. En dessous de 40 %, les pointes des frondes ont tendance à sécher, surtout près des radiateurs ou de la climatisation. Au-delà de 70 % dans une pièce peu ventilée, le risque de maladies fongiques augmente, surtout si le substrat reste constamment détrempé. L’objectif est donc un air légèrement humide, mais jamais saturé.
Comment arroser la Fougère de Boston sans risquer de faire pourrir les racines ?
Arrose dès que les 2 premiers centimètres du terreau sont secs au toucher, avec une eau à température ambiante. Verse lentement jusqu’à ce que l’eau s’écoule par les trous de drainage, puis vide la soucoupe au bout de quelques minutes. En période de croissance, cela représente souvent 1 à 2 arrosages par semaine, moins en hiver. Évite de laisser le pot tremper en permanence dans l’eau.
Où placer une Fougère de Boston pour qu’elle profite d’une bonne lumière indirecte ?
Installe-la dans une pièce claire, à proximité d’une fenêtre orientée nord ou est, ou à quelques mètres d’une fenêtre plein sud filtrée par un voilage. L’important est d’éviter le soleil direct sur les frondes, surtout derrière une vitre, qui peut les brûler rapidement. Les salles de bain lumineuses ou les coins de salon clairs sans rayon direct fonctionnent particulièrement bien.
À quelle fréquence faut-il rempoter une Fougère de Boston ?
Un rempotage tous les 2 à 3 ans suffit pour un sujet bien installé. Rempote plus tôt si tu constates que les racines sortent des trous de drainage, que le substrat se dessèche très vite ou que la plante produit de nombreux stolons. Choisis un pot percé, 4 à 5 cm plus large que l’actuel, et un mélange de terreau léger et drainant, légèrement acide.
La Fougère de Boston est-elle adaptée aux foyers avec animaux et enfants ?
Oui, la Fougère de Boston fait partie des plantes d’intérieur non toxiques pour les humains et la plupart des animaux de compagnie. Elle ne présente pas de risque d’empoisonnement en cas de grignotage occasionnel. En revanche, ses frondes longues et retombantes attirent facilement les pattes et les petites mains, ce qui peut abîmer la plante ou faire tomber le pot. Une installation en hauteur limite ces incidents.
